Nancy a-t-il encore un objectif intéressant à se mettre sous la dent ? Depuis sa dixième place et du haut de ses 25 points, l’ASNL ne sait trop vers quelle direction se tourner en cette seconde partie de championnat. Les places européennes sont loin et la zone de relégation à équidistance si l’on considère le match en moins des hommes de Pablo Correa. Plus ennuyeux encore que ce stationnement dans le ventre mou, le paysage nancéien s’est dépeuplé de toutes ses coupes, de la moins estimée (Coupe de France) à la plus clinquante (UEFA). C’est dire si la fin de saison s’annonce longue dans ce coin de Lorraine.

Naturellement, Pablo Correa réfléchit en d’autres termes. Constance faite homme, l’entraîneur n’a jamais changé de refrain. «Je cherche des victoires pour assurer le maintien, que ce soit contre Lyon ou Le Havre», expliquait-il hier, avant le déplacement en Normandie. Puis d’ajouter : «Le Havre mène le même combat que le nôtre Pourtant, les bases de départ ne sont pas tout à fait identiques. Lanterne rouge, le HAC compte seulement 12 points après 21 matchs, reste sur trois mois d’insuccès en Ligue 1 et son entraîneur Frédéric Hantz ne se hasarde même plus à parler maintien. «Ils ne vont pas trop bien, devine Michaël Chrétien, mais nous venons aussi de prendre trois buts à Toulouse (3-0). Nous ne sommes pas habitués à ça. Il faudra être costaud au Havre, on n’a pas le droit de passer à côté. On sait que nous sommes souvent plus en difficultés contre les mal-classés

Les deux adversaires du soir se rejoignent sur un point : ils cherchent à égayer un quotidien contrarié et contrariant. Un temps, l’ASNL avait d’ailleurs songé se remplumer offensivement pour doper sa concurrence interne et corriger les intermittences de son attaque. Las, l’ambition de «trois ou quatre éléments supplémentaires » annoncée par le président s’est aussi dégonflée. Nancy a bien accueilli Gunnarsson mais le club s’est surtout heurté à la réalité du marché. Pire, le staff laisse désormais apparaître certaines divergences, à peine dissimulées par Correa. «Je n’attendrais rien du mercato, glissait-il hier, contrit. Ça ne me va pas mais je n’attends plus rien Manifestement, président et entraîneur n’étaient pas sur la même longueur d’ondes cet hiver. A titre d’exemple, le technicien ne souhaitait pas se séparer de Fortuné, qui est parti à West Bromwich et le transfert avorté de Barrios n’a pas arrangé la situation. L’ASNL se déplacera donc au Havre avec un effectif dégraissé (Camerling, Calvé, Fortuné) et sa recrue Islandaise pour seule nouveauté.
Il reste donc à Nancy ce devoir de combattre l’ennui. La motivation des troupes impose un retour rapide à la victoire et une conjonction de résultats favorables pour entrevoir des lendemains plus ambitieux. Car, pour l’heure, Nancy est au point mort.

Article du RL