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Frédéric Biancalani, nancéien de coeur, s'est engagé officiellement avec le FC Metz pour une saison.

Voici ses premières impressions:

" Frédéric, votre venue à Metz nous apparaît naturelle !

- Ah bon ? C’est vrai que j’ai quelques connaissances au club, notamment Stéphane Borbiconi ! Nous sommes du même coin et j’ai joué aux côtés de Christophe, son frère. Et puis Metz, c’est juste à côté. Cela facilite les choses, c’est certain. Enfin, je viens surtout ici pour relever un défi sportif que je trouve intéressant. Il sera difficile à relever mais cela s’annonce passionnant. C’est ce que je recherchais en priorité.

Qu’éprouvez-vous en quittant Nancy après vingt ans de présence ?

- … dont seize années d'affilée dans le groupe pro ! C’est sûr, ca fait forcément quelque chose. Il était prévu que je prolonge, mais cela ne s’est finalement pas fait. J’ai eu du mal à l’avaler sur le coup mais les vacances m’ont permis de digérer. Après la saison dernière, je voulais encore jouer. Metz m’a contacté, j’ai accepté naturellement. J’aurais d’ailleurs pu être Messin plus tôt. Il y a quelques années, j’avais eu une longue discussion avec Carlo Molinari mais ma venue ne s’était pas concrétisée pour diverses raisons.

La rivalité entre les supporters des deux camps ne vous a pas refroidi ?

- Non, pas du tout. A partir du moment où on explique les choses il n’y a pas de problème. Je ne pars pas de Nancy pour aller à Metz. Je suis libre de tout engagement et Metz me sollicite. Je viens relever un défi et apporter quelque chose au club. Étant Nancéien, je n’avais aucun ressentiment vis-à-vis de Metz. Les équipes se disputent la rivalité régionale, soit. Mais dans le Nord, il y a quatre clubs et je ne crois pas pour autant qu’il y ait de tensions entre eux ! C’est l’exemple à suivre. Que Nancy et Metz soient en Ligue 1 serait selon moi une bonne chose pour la région. D’autant que les clubs de l’Est de la France souffrent ces derniers temps. L’an passé, j’aurais préféré que Metz monte plutôt qu’une autre équipe !

Quels souvenirs gardez-vous des nombreux derbys lorrains que vous avez disputés ?

- Il y a eu des victoires et des défaites. Mais avec le temps ce ne sont que des bons souvenirs ! Ces matches sont toujours accrochés mais il y a du respect entre les joueurs. Je n’ai pas le souvenir de débordements en tribune non plus. C’est l’idée que je me fais du football. Je me souviens d’un gros match de Soufiane Koné à Saint-Symphorien (ndlr : 3-2 pour Nancy, en 1999-2000). Cela m’est d’autant plus resté  en mémoire que c’est malheureusement la seule véritable saison qu’il a pu effectuer en Ligue 1. Côté défaite, il y a ce match où Blanchard marque à la dernière minute à Picot (en 1996-1997). Nous étions revenus à deux partout et c’était un véritable coup de poignard.

Vous avez joué plusieurs fois la montée en L1 sous les couleurs de Nancy. Il y a eu des échecs et des réussites. Qu’est ce qui fait la différence ?

- La constance, la régularité dans le travail. Il faut être sérieux sur toute l’année, respecter les efforts quotidiens et rester humbles. A Nancy, il nous est arrivé de compter pas mal de points d’avance et de nous relâcher quelque peu. Le vent peut très vite tourner dans ces cas là. Si on se repose trop sur ses lauriers, on peut être surpris à l’arrivée…

Vous entamez votre seizième saison en tant que professionnel. Quel est le secret de votre longévité ?

- Mon envie de donner, je pense, et une hygiène de vie en adéquation avec mon métier. C’est certain, on peut très bien faire une saison éclatante sans faire beaucoup d’efforts de ce côté-là. Mais si on veut être présent sur la durée, il faut y faire attention, savoir gérer son corps, s’arrêter quand il le faut… Même si sur ce dernier point, j’avoue que je n’ai pas toujours été irréprochable ! D’ailleurs, même si ma famille restera à Nancy, je prendrai un appartement à Metz. Faire la route tous les jours, ce n’est pas idéal. Pour la récupération, la concentration, je préfère être sur place.

Compte tenu de votre vécu, tiendrez-vous un rôle plus important au sein du vestiaire messin ?

- Dans un premier temps, non. Il faut savoir être patient. Mon idée est déjà de bosser pour rattraper le retard que j’ai sur mes coéquipiers, qui ont plusieurs semaines de préparation derrière eux. Je me suis entretenu physiquement, mais il me manque le rythme d’un match, le jeu en équipe. J’ai d’ailleurs demandé à jouer avec la CFA 2 ce week-end en match amical. Ensuite, c’est à moi de m’adapter au groupe, à la culture du club et aux joueurs qui le composent.

Cela fait cinq ans que vous n’avez plus joué en Ligue 2. Dans quel état d’esprit retrouvez-vous ce championnat ?

- J’ai hâte de débuter ! Je ne sais pas si cela a changé. De toute façon, le football évolue tout le temps. Il faut essayer de rester à la page ! Les joueurs, les coachs vont et viennent. On est toujours à la recherche du meilleur niveau possible.

Cette saison, le FC Metz souhaite également retrouver une cohésion avec son public. C’est un challenge qui vous plait ?

- Nous y parviendrons d’une seule façon : en mouillant le maillot et en sortant de la pelouse la tête haute à chaque fois. A Nancy, j’ai connu cette situation. Un jour, nous avons joué à neuf contre Troyes, et nous l’avons emporté en toute fin de match. Ce soir là, il s’est passé quelque chose, les supporters se sont soudés derrière nous. Si nous y sommes parvenus avec Nancy, pourquoi pas avec Metz ? Il n’y a pas de raison. Pour cela, il faut jouer, tenter des choses, entreprendre. Des gestes, on en manquera. Mais en se mettant minable sur le terrain et en se donnant à fond, nous serons plus vite pardonnés. "

Source: site officiel messin