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Deux victoires (contre Monaco en 16e de finale de la Coupe de la Ligue puis face à Sochaux en championnat) et un nul au Parc des Princes (1-1), voilà l'excellent bilan comptable de l'ASNL depuis dix jours. Qui dit mieux ? Pas le PSG, c'est sûr, qui n'a pris que trois points lors des quatre dernières journées de L1.Si une équipe a terminé avec le sourire hier soir dans la Capitale, c'est clairement Nancy. Les Lorrains auraient d'ailleurs signé pour un tel résultat avant le coup d'envoi d'une rencontre qu'ils démarrèrent en 4-2-3-1 avec Brison et André Luiz. De retour de trois matches de suspension, le Brésilien a bien réintégré le onze de départ mais pas à la place de milieu récupérateur qu'il avait occupée depuis le début de la saison. C'est en charnière centrale, à la place de Joël Sami, qu'on retrouva le Brésilien. Mais contrairement à l'ex-Amiénois, « Dédé » se positionna axe droit, ce qui engendra le passage de Jordan Loties axe gauche. Il y avait donc une défense centrale inédite à l'ASNL qui fut tout de suite mise dans le grand bain du Parc des Princes. Au cours de la première minute de jeu (!), les Parisiens frôlèrent deux fois le but sur une reprise de Luydinula, bien servi par Armand, puis sur une tête de Hoarau à la réception d'un corner. Ça partait mal pour les Nancéiens et, pourtant, ils ouvrirent le score assez vite ! De quelle manière ? En contre, évidemment, vu la domination parisienne : un excellent changement d'aile de Féret alerta Dia auteur d'un contrôle parfait qui lui permit d'adresser un centre-tir à son pote Hadji, absolument seul au second poteau pour pousser le ballon au fond des filets. Un avantage de courte durée. Car en se recroquevillant au maximum, la formation au chardon laissa beaucoup trop d'espaces aux hommes d'Antoine Kombouaré qui en profitèrent, à la 18', pour égaliser logiquement. Suite à un ballon de Ceara, Luyindula légèrement en position de hors-jeu arriva à se retourner devant Loties pour armer une frappe repoussée par Bracigliano sur Sessegnon buteur. Le reste de la première période, autrement dit presque une demi-heure quand même, fut un véritable calvaire pour les Nancéiens très rarement aperçus dans le camp parisien. A la pause, la « stat » de la possession de balle résumait bien les choses : 65-35 en faveur du PSG naturellement. Mais d'une manière assez miraculeuse, l'ASNL rentra aux vestiaires avec un score de parité. Parce que Luyindula n'avait pas été suffisamment prompt pour conclure (28') ou parce que la tentative de l'international français avait été sauvée sur la ligne de but par Lemaître (35').


A chaque fois, à la base de ces actions, il y avait eu l'immense Hoarau qui posait un problème fou à la défense nancéienne, en particulier à Loties. Il fallait vraiment trouver quelque chose pour sortir la tête de l'eau. Pendant la mi-temps, Pablo Correa remplaça l'ancien Dijonnais par Sami dont l'impact dans les duels fit du bien. Vingt minutes plus tard, la furia parisienne était calmée. Seuls dangers relatifs : une frappe de Giuly au-dessus (49') et une autre de Sessegnon (63').
Pour solidifier encore plus le profil de son équipe, le coach nancéien sortit Brison au profit de N'Diaye. L'embellie se poursuivait dans la maîtrise du match. C'était mieux, beaucoup mieux qu'en première période et un tir enroulé de Féret capté par Coupet (66') laissait carrément penser qu'il y avait peut-être la place pour un braquage au Parc. D'où le troisième changement opéré par Correa, l'attaquant Bakar en relais du milieu Ca. On passa d'ailleurs tout près du scénario idéal pour Nancy quand le jeune Alfred N'Diaye se lança dans une gigantesque chevauchée terminée par une frappe au ras du poteau (83').
Bien sûr, lors de ce dernier quart d'heure, le PSG poussa tout de même avec l'appui de son public pour s'éviter les embryons d'une crise. Luyindula tenta par deux fois d'obtenir un penalty, Jallet expédia un missile un peu trop élevé (81'), Hoarau plaça une tête au-dessus et Sessegnon envoya le ballon dans les nuages après un superbe slalom (90').
Au coup de sifflet final, Pablo Correa leva les bras au ciel. Et les joueurs nancéiens, eux, filèrent vers les 700 supporters nancéiens présents au Parc des Princes pour des scènes de joie dignes d'un succès. Ce point pris à Paris a effectivement les allures d'une victoire pour l'ASNL, surtout si l'on regarde bien le contenu du match.

R. J. (Romain JACQUOT)