Bazdarevic

L'entraîneur grenoblois, Mecha Bazdarevic:

"- Comment faites-vous pour garder le moral ?
- Je relativise. Ce n'est que du football entre guillemets. Il y a des choses beaucoup plus graves dans la vie. Je ne vous dis pas que c'est facile, j'ai honte quand je regarde le classement, mais j'ai la chance de diriger un groupe qui a un bon état d'esprit. On essaie de se serrer les coudes.

- Quel discours tenez-vous à vos joueurs ?
- Je leur dis que la roue va bien finir par tourner du bon côté. On revoit les matches ensemble et on se rend compte qu'on a quand même de la qualité dans notre jeu. Si on était zéro, si on était ridicule, on pourrait comprendre. Mais là, ça dépasse tout ce que j'avais pu imaginer. Tout semble contre nous, c'est fou ! Notre infirmerie est pleine depuis le début de la saison et on a perdu plusieurs matches alors qu'on ne le méritait pas du tout.

- Vous avez l'impression d'être maudits...
- Disons que, si vous connaissez un bon marabout à Nancy, n'hésitez pas à me le présenter ! On prend tout ce qui pourrait arrêter cette période totalement noire.

- Dans une telle situation, d'autres clubs que Grenoble auraient déjà changé d'entraîneur. Qu'en pensez-vous ?
- C'est sûrement vrai mais, ici, les dirigeants et les supporters tiennent compte du contexte. Le club était encore en CFA il y a dix ans. Nos moyens sont limités. On s'entraîne dans des conditions d'amateurs et ça se répercute forcément le week-end. Avec mon staff, sans prétention, on a réussi des choses extraordinaires depuis deux saisons et demie avec la montée, le maintien et une demi-finale de Coupe de France.

- Croyez-vous encore à votre sauvetage en L1 ?
- Franchement, oui, le maintien reste possible. Je ne sais pas s'il faudra gagner un match sur deux jusqu'à la fin de saison comme j'ai pu le lire dans les journaux mais je suis sûr qu'on a toujours des chances. L'idéal serait d'arriver à la trêve hivernale avec un retard pas trop élevé sur le premier non-relégable.

- Vous voilà donc condamnés à battre l'ASNL...
- Une victoire serait évidemment le meilleur moyen de sortir la tête de l'eau mais, un nul, ce serait aussi intéressant pour la confiance. On le prendrait volontiers. Ce qui compte, aujourd'hui, c'est de débloquer notre compteur. "

Source: L'ER