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L’ASNL avait affiché plusieurs objectifs à l’aube de sa sixième saison de rang en Ligue 1. Une carrière en Coupe en faisait partie car elle rejoignait un autre désir profond chez les dirigeants : reconquérir auprès du public une partie du coefficient d’affection abandonné en cours de route.

Eh bien c’est raté, et il y a quelque chose d’irréversible dans cet échec. Reste la grande sœur, la coupe de France, dont on sait que les caprices sont beaucoup plus dangereux pour un club pro.

Mais à cette heure, aucun élément tangible ne permet d’espérer une embellie car ce genre d’épreuve célèbre en général des équipes à fort tempérament et capable de se sublimer, tout le contraire de l’ASNL qu’on observe depuis quelque temps. Et qui se laisse ballotter au gré des vents, souvent contraires.

Car il y a dans la défaite contre Bordeaux un goût amer de championnat. Si le résultat ne constitue pas un affront comparable au sinistre match contre Plabennec, il n’en reste pas moins que l’ASNL inquiète fortement son entourage.

Y compris précisément parce que les matches passent et on ne voit ni réaction, ni amélioration dans le jeu, ni de correctifs dans des handicaps lourds. Aujourd’hui, elle est clairement en danger si la prise de conscience ne vient pas.

Pablo Correa a donné le ton à ce virage mercredi soir en mettant brusquement en exergue le comportement de ses joueurs. Trois jours plus tôt, il avait été plutôt protecteur en public, c’est donc une première cette saison mais il avait déjà habité ce rôle par le passé.

Un deuxième but caricatural

À peu de choses près, à la même époque l’an dernier, là aussi il avait eu le même réflexe. Resserrer les boulons, revenir aux fondamentaux de la maison, à savoir bâtir une équipe à partir de qualités morales au-dessus de la moyenne, activer dans l’humilité et la générosité les ressorts de la résistance et y adapter une stratégie sur le terrain avec les joueurs adéquats. Le schéma classique. La recette traditionnelle.

Sauf que cette fois, on se demande sérieusement si son appel sera entendu. Correa laissait d’ailleurs planer ce doute supplémentaire : « J’entends dire que ce groupe-là a des qualités, qu’on arrête ça ! Et qu’on commence à faire des matches à Picot ! » Cette fois, l’entraîneur ne masquait plus sa colère : « Ce qu’on fait est insuffisant, largement insuffisant. On prend trop de buts, sur le deuxième on est ridicule, on donne des cadeaux à l’adversaire... »

Il y avait là quelque chose de caricatural, sur une touche les Nancéiens se retrouvent d’abord à trois contre Plasil, lequel centre tranquillement, et ensuite André Luiz perd son duel face à Modeste. Grégorini est terrassé. Tout y est. Les défauts de concentration, d’investissement, d’agressivité. Un catalogue non exhaustif des manques actuels de l’ASNL. Hier encore sa force résidait là.

Alors la question suivante vient tout naturellement : les joueurs du moment ont-ils les mêmes aptitudes que leurs anciens, certains sont les mêmes d’ailleurs ? On concédera que leur charisme en la matière n’a pas sauté aux yeux ces temps derniers. Cette question d’état d’esprit va faire l’objet d’un traitement de choc ces prochains jours.

En plus, le calendrier, avec Auxerre, Lyon et Marseille à venir, ne laisse pas vraiment le choix à une équipe dominée par Brest... Sans compter qu’à travers ses choix tant tactiques que de joueurs Pablo Correa a déjà quasiment fait l’inventaire des possibilités d’un effectif beaucoup moins riche et pas trop épargné par les indisponibilités.

Le salut passe obligatoirement par une remise en question. Personne ne peut y échapper. « Staff y compris ! » a lancé Correa.

Christian FRICHET