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«Si on veut se maintenir et qu’on n’arrive pas à battre la lanterne rouge… ». Paul Fischer, l’entraîneur adjoint nancéien, a eu raison de ne pas finir sa phrase vendredi dernier en conférence de presse. Parce que l’ASNL a dû se contenter d’un nul 0-0 dimanche face au dernier Arles-Avignon, déjà condamné depuis belle lurette, qui a en plus évolué à Marcel-Picot en infériorité numérique pendant quatre-vingt minutes après l’expulsion de son défenseur et capitaine Bobo Baldé (10’) pour une faute sur Brison qui filait au but.

Ce carton rouge a été « un mal pour un bien » selon le coach de l’ACA Faruk Hadzibegic, « Ça nous a soudés ». Les Arlésiens se sont alors mis à jouer beaucoup plus bas qu’au tout début de match et Nancy « a manqué de profondeur » comme le dit Julien Féret « sans chercher d’excuses » précise-t-il de suite. Il n’y en a pas, en effet. Devant un futur pensionnaire de L2 à dix, l’ASNL avait une occasion rêvée d’engranger un succès qui lui aurait permis de faire un pas de géant vers son maintien en L1 mais elle a finalement tout gâché, au propre comme au figuré, puisqu’elle a eu trop de déchet technique et qu’elle n’a pas réussi à concrétiser les nombreuses occasions obtenues, notamment en première période : duel perdu par Brison du droit devant Merville (6’), coup franc de Vahirua dans le mur (10’), demi-volée de Féret au-dessus (13’), frappe d’Hadji à côté (20’), tir enroulé du Tahitien dans les bras du gardien adverse (21’), centre de Traoré mal ajusté (32’).

En seconde période aussi, malgré leur terne prestation, les Nancéiens ont eu plusieurs possibilités d’ouvrir le score. On pense à cette reprise trop croisée de Féret sur un décalage de Vahirua (50’) et surtout à ce plat du pied hors cadre de Brison alors qu’il avait été idéalement servi par Féret (60’). A la fin du match, après une ultime occasion ratée par Vahirua (90’) et six minutes de temps additionnel, Jonathan Brison s’en voulait beaucoup : « J’ai un peu le sentiment d’avoir fait perdre deux points à l’équipe ». Mais dans le jeu, le milieu gauche a été l’un des rares Nancéiens à surnager grâce à sa fougue et son activité.

Aucun but dans le jeu depuis 455 minutes

Collectivement, dimanche, l’ASNL n’a jamais donné l’impression de jouer un match importantissime pour sa survie en en L1, comme si elle avait cru que les trois points allaient venir naturellement après l’expulsion de Baldé. On était loin des discours mobilisateurs entendus la semaine en Forêt de Haye. A l’arrivée, le constat est aussi terrible qu’implacable : ce Nancy 2010-2011 n’a aucune marge, même face à la lanterne rouge réduite à dix durant quatre-vingt minutes. A l’aller, à Avignon, les Lorrains avaient déjà souffert pour ne repartir qu’avec un nul 1-1. En deux rencontres, ils n’auront donc pas battu une seule fois l’une des plus mauvaises équipes de l’histoire de la L1.

Tout aurait pu être différent, évidemment, si l’arbitre Stéphane Bré avait sifflé le penalty et le deuxième carton rouge qui s’imposaient à la 79’dimanche pour le violent choc entre le gardien arlésien Merville et le capitaine nancéien Hadji parti pour marquer. Mais M. Bré, complètement dépassé par les événements et pas du tout aidé par son juge de touche, a imité l’arbitre de la fameuse demi-finale du Mondial 1982 France-RFA qui n’avait pas sanctionné l’agression de Harald Schumacher sur Patrick Battiston. Présent dans les tribunes de Picot dimanche, Michel Platini a dû s’en souvenir…

Sur cette action Hadji-Merville, l’ASNL a perdu gros : un penalty qui aurait peut-être donné une précieuse victoire ainsi que Pablo Correa expulsé pour avoir bousculé le quatrième arbitre qui, comme souvent, a voulu jouer au shérif. Le coach a été accompagné aux vestiaires par le préparateur physique Arnaud Lesserteur, lui aussi en colère après cette grossière erreur d’arbitrage. Nancy se serait en tout cas bien passé de ce souci supplémentaire à seulement six journées de la fin du championnat.

Sur le papier, le calendrier de l’ASNL s’annonce épineux, notamment lors des trois prochains matches (à Sochaux, contre Lille à Picot, à Paris). Alors qu’elle a stoppé l’hémorragie défensive (3 buts encaissés en 7 journées), la formation au chardon devra absolument retrouver une attaque digne de ce nom. Ses trois derniers buts ont été inscrits sur coups de pied arrêtés. Et cela fait plus de cinq matches, précisément 455 minutes, que la bande à Correa n’a plus marqué dans le jeu, depuis la réalisation de Bakaye Traoré à la 85’contre Caen le… 12 mars.

Romain JACQUOT