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La dernière victoire de l’ASNL remonte au 20 mars à Monaco (0-1), cinq jours avant l’annonce du départ de Pablo Correa à la fin de la saison. Depuis, il y a eu cinq journées de championnat avec un bilan de deux défaites et trois nuls pour l’ASNL dont le 0-0 à Picot face à la lanterne rouge Arles-Avignon réduite à dix pendant quatre-vingt minutes qui eu un vrai parfum d’échec.

Jamais cette saison Nancy n’était resté aussi longtemps sans gagner un match de L1. Puisque les dates concordent, le lien est facile entre la mauvaise série actuelle et l’officialisation de la fin de l’ère Correa à l’issue de la saison. D’autant que, par le passé, d’autres équipes ont galéré avec un entraîneur en stand-by. On se souvient évidemment des Bleus de Domenech à la dernière Coupe du Monde, de la sélection de Jacques Santini aussi à l’Euro 2004 ou encore de l’OM de Gerets à la fin du championnat de France 2008-2009.

Est-ce donc l’annonce du départ de Correa qui a perturbé l’équipe au chardon et qui l’a même expédiée dans la zone des relégables pour la première fois depuis novembre ? Nous avions déjà posé la question au coach avant le revers à Sochaux samedi dernier et il avait clairement répondu non en expliquant à juste titre que cette saison 2010-2011 est faite de cycles très contrastés, que l’un des problèmes majeurs de cette ASNL est son irrégularité.

Plusieurs joueurs interrogés balaient aussi l’idée que le départ programmé de Correa a eu des répercussions négatives sur leurs performances sportives. « Ça n’a rien à voir avec l’avenir du coach », assure ainsi André Luiz, « On ne gagne pas en ce moment parce qu’on manque de qualités ». Surtout dans le domaine offensif puisque l’ASNL attend un but dans le jeu depuis 545 minutes de L1 ! « Ce n’est pas le coach qui est sur le terrain », ajoute Damien Grégorini. « Ce n’est pas l’annonce de son départ qui nous fait rater trop d’occasions depuis quelques matches ».

Les raisonnements d’André Luiz et de Grégorini se tiennent parfaitement. Mais la situation est peut-être un peu plus complexe que cela. Pour bien comprendre, il faut se remettre dans le contexte de la fin mars quand le coach et le président Jacques Rousselot ont tenu leur conférence de presse en Forêt de Haye pour expliquer leur future séparation en excellents termes. L’ASNL était alors onzième ex-aequo avec Sochaux notamment grâce à son succès en Principauté qui avait repoussé le premier relégable monégasque à six longueurs. « Au quotidien, rien n’a changé depuis qu’on sait que le coach va partir mais, après cette victoire à Monaco, on a sûrement cru que c’était fini, qu’on avait fait le plus dur pour le maintien », reconnaît Benjamin Gavanon avec sa franchise et sa lucidité habituelles. « On se trouvait dans une très bonne série et on n’a pas vu le danger venir ».

L’annonce du départ de Pablo Correa, en poste depuis novembre 2002, a ensuite projeté, avouons-le, beaucoup de monde déjà vers la saison prochaine alors qu’il restait plus d’un tiers du championnat à disputer comme l’avait pourtant rappelé le coach lors de ce fameux 25 mars en guise d’avertissement. « C’est vrai que cette nouvelle a pu inconsciemment nous faire penser un peu trop à la saison prochaine puisqu’il y a pas mal de joueurs qui pourraient également quitter le club », dit encore Gavanon. L’ASNL s’est même mise à rencontrer les successeurs potentiels de Correa et à communiquer sur le futur organigramme en nommant Paul Fischer directeur technique pour 2011-2012 ou en rappelant Eric Martin pour le recrutement.

Mais les derniers résultats nous ont ramenés froidement en pleine réalité. Les dirigeants nancéiens ont d’ailleurs mis entre parenthèses leurs recherches pour trouver le nouvel entraîneur. La seule priorité aujourd’hui est d’éviter la L2 et c’est l’équipe de Pablo Correa qui peut le faire. Retour vers le présent.

Romain JACQUOT