L_ER

En ce moment, tous les entraîneurs que croise l’ASNL se laissent aller à un petit compliment. Quand ça allait mieux, remarquez bien que c’était plutôt le contraire… Après Hadzibegic et Gillot, Garcia s’est donc senti en devoir de pronostiquer un maintien de l’ASNL : « Si elle continuait à jouer comme ça lors des quatre derniers matches… » Plus que le baume cicatrisant, la valeur de la dédicace tient tout entière dans le « si » et l’idée que l’on se fait de l’importance du jeu dans un résultat. Comme les copains, l’ASNL n’a que deux jours devant elle pour phosphorer sur cette question et répondre à la condition suspensive. Car il ne fait aucun doute que le moral de la troupe a encore reçu un violent éclat, samedi soir ; à force, on peut craindre pour la santé générale de la maison. Au sortir de ce nouveau coup dur, les nerfs étaient en tout cas à vif. On le comprend. Une déprime serait fatale.

Les joueurs nancéiens donnent parfois l’impression justement de ne pas trop savoir ce qui leur arrive sur le coin du nez. Et ils vivent cela comme une forme d’injustice. C’est plus dangereux encore, car l’heure n’est pas vraiment aux jérémiades. Reste les faits : Nancy a encore laissé échapper un point sur une erreur d’arbitrage. Or, un axiome de base dans l’encyclopédie du football prétend que cela s’équilibre à la longue. On en est de moins en moins certain et les calculs deviennent de plus en plus savants au rythme des difficultés d’un corps arbitral globalement médiocre.

C’est Frédéric Antonetti qui parlait récemment de l’existence du facteur chance pour réussir dans ce monde aux vérités aléatoires. Incontestablement, Nancy a perdu sa bonne étoile. Semaine après semaine, les ennuis s’accumulent. Pablo Correa leur a collé une étiquette : les fautes individuelles. « Ça nous plombe la saison ! », concluait-il.

Cette fois, c’est Damien Grégorini qui porte la plus lourde responsabilité. « Je le sais, ce but est pour moi. Je n’aurais pas dû anticiper… » Il ne fuyait absolument pas, il n’avait d’ailleurs eu besoin de personne pour faire le constat. Avant lui dans le rôle, ce furent Traoré, Brison, Hadji, Loties, Sammy, Féret… Que ce soit devant ou derrière, il manque toujours une contribution pour concrétiser le job. Mais la longueur de la liste prouve également que cet effectif nancéien pêche qualitativement. Il y a, dans les malheurs du moment, non pas une fatalité mais bel et bien une forme de logique.

Il faudrait pourtant que l’ASNL s’en remette, pour défendre sa place jusqu’au bout. Et pas plus tard que demain, au Parc des Princes. Rien ne serait pire que d’étaler ses états d’âme. Hier au décrassage, tout le monde jurait que la volonté était intacte.

De ce côté-là, l’inquiétude est moindre que sur le plan tactique, car avec Chrétien et André Luiz suspendus, plus Diakité blessé, la défense va encore être sérieusement bricolée. La tâche s’annonce de nouveau compliquée. Mais le schéma qui a failli tenir le choc face à Lille sera à coup sûr confirmé. Il a plu, car il a donné un équilibre à l’ASNL entre défendre et attaquer, ce qui ne fut pas toujours le cas cette saison. « On a fait le match que l’on voulait faire. On savait que dans le jeu, on ne pouvait pas être mieux que ça… », expliquait Correa, plutôt satisfait de l’application et de la discipline de son équipe.

Face à Lille, il aurait pourtant fallu pouvoir faire plus encore. Et contre PSG, Nice, Rennes et Lens ? L’ASNL aura besoin sans doute de deux victoires et un nul dans ce programme pour sauver sa peau. C’est encore possible, mais de plus en plus compliqué quand même.

Christian FRICHE