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" Tous les Nancéiens semblent satisfaits du nul ramené du Parc des Princes. Mais n’est-ce pas une nouvelle erreur d’appréciation ?

C’est un point. Et je pense qu’il va compter à la fin. Il ne faut évidemment pas s’arrêter là, on est toujours relégables mais dans ce match je trouve qu’il y a eu des signes encourageants. Comme lors de cette saison me direz-vous. Cette équipe est capable de belles choses mais elle manque parfois de caractère. Là on a fait un match d’hommes. À la mi-temps j’ai compris qu’on ne lâcherait pas.

On a pourtant senti de la nervosité dans vos rangs ?

C’est normal non ? Ça ne me gêne pas, ça fait partie des ingrédients du football quand on est dans notre situation. Mais encore une fois on a été aussi revanchards. Et dans les vestiaires à la pause, les joueurs ont pris conscience que ce n’était pas fini.

Ils sont en mise au vert longue durée, c’est une idée à vous ?

J’en ai eu effectivement l’initiative mais la décision a, comme toujours, été prise collégialement. L’idée c’est de mettre les joueurs dans les meilleures conditions, d’écarter tout ce qui peut les perturber dans leur préparation, qu’ils puissent se concentrer sur l’essentiel.

Est-ce le match le plus important depuis bien longtemps ?

Depuis onze ans en fait. Depuis un Nancy-Auxerre qu’on a gagné et qui n’a pas suffi à notre maintien. Là, c’est différent. On a encore notre destin entre nos pieds. Mais il en va de la vie et même de la survie du club en Ligue 1.

De la vie du club tout court ?

Joker.

Les soucis économiques, vous qui les dissimulez si bien d’habitude, semblent omniprésents ?

Ils sont vraiment importants, au-delà des résultats sportifs je vis des moments difficiles, heureusement ma famille et quelques amis m’aident à tenir le coup. Mais ça me perturbe plus que de raison. J’y pense jour et nuit, je ne vis en ce moment qu’avec cela en tête. Et je ne dors guère…

On dirait parfois que vous n’avez rien vu venir ?

Oui, c’est vrai, on s’est peut-être vu trop beaux, après la victoire à Monaco, on a peut-être cru que c’était bon. C’était une illusion, en sport c’est une règle, il ne faut pas crier victoire tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. Contre Arles on a fauté lourdement, contre Nice on n’en a plus le droit.

Vous vous sentez seul ?

Je ne peux pas dire cela, mais je ne suis pas dans la position du président Robin Leproux, lui a un actionnaire derrière lui. Moi, je fais tout, si on redescend, c’est pour ma pomme. Il y a péril. Voilà pourquoi j’essaie aussi depuis un moment de mieux m’entourer économiquement.

Le match de demain va mettre Picot en feu ?

Je l’espère, le public aura un grand rôle à jouer auprès des joueurs. Par sa présence bien sûr, mais il faut que ça aille au-delà. Qu’il nous appuie pendant 90 minutes de façon chaleureuse. Pour que les joueurs sentent une véritable adhésion derrière eux. On a fait les places à deux euros pour cela, pour que tout le monde, même les plus modestes, puisse participer à l’un des matches les plus importants dans l’histoire de l’ASNL. C’est un tournant. On fait partie de l’élite, c’est une chance pour Nancy et la Lorraine, il faut s’en persuader.

La Ligue 2, vous y pensez ?

C’est bien entendu une hypothèse, elle nous condamnerait à des restrictions énormes, sur les moyens et les hommes. Elle nous obligerait en tout cas à nous tourner plus encore vers notre centre de formation. Ça tuerait également quelques projets.

Et Pablo Correa resterait ?

Ça, c’est autre chose et ce n’est pas le moment d’en parler. On verra.

Le projet d’agrandissement du stade serait menacé ?

Absolument pas. Ce sont deux choses différentes. Sur ce dossier, on a fait ce qu’il fallait avec les collectivités. On est prêt. On a trouvé des partenaires pour la société de projet. Reste à régler des modalités en fonction des participations de chacun. Je rappelle que ce stade sera multifonctions et qu’il permettra d’améliorer les recettes de l’ASNL.

Le 20 mai, on connaîtra les neufs stades élus, vous continuez à être optimiste pour Nancy ?

On en fera partie, notre dossier est bon.

Vous avez séché le Conseil Fédéral de ce jeudi pourquoi ?

Parce que j’avais déjà eu l’occasion de faire connaître ma position sur ce sujet. Pour moi, le président Duchaussoy aurait dû soutenir beaucoup mieux ses salariés et ne pas céder au diktat du Ministre. Et puis à cette heure une seule chose compte à mes yeux sur le plan du football, l’ASNL. Il faut que je sois à Vittel pour faire passer des messages."

Christian FRICHET