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Avec Nancy, Julien Féret jouera un match décisif à Rennes où il est pressenti la saison prochaine. Une situation compliquée mais le Breton n’a qu’une préoccupation en tête : le maintien de l’ASNL.

 

 Pour le Breton Julien Féret, passé par le centre de formation rennais, un match au Stade de la Route de Lorient est toujours « un moment particulier ». Parce qu’il affronte un club qu’il continue de suivre attentivement depuis son départ en 2003, parce qu’il joue dans une enceinte qu’il apprécie et parce qu’il le fait devant une bonne partie de sa famille présente en tribune.

Mais pour le milieu offensif de l’ASNL, le rendez-vous de samedi dans l’antre du Stade Rennais aura un parfum encore plus spécial que les autres fois. Car il est annoncé depuis plusieurs semaines comme un futur joueur de Rennes à l’intersaison.

« Médiatiquement, c’est vrai que beaucoup de monde en a parlé à un moment donné. Je sais aussi que mon agent a discuté avec le Stade Rennais », explique Julien Féret, « Mais je peux vous assurer que rien n’est fait. » Selon nos informations, c’est la vérité. Les contacts entre le club breton et l’entourage du joueur ont beau être réels et même avancés, il n’y a aucun accord de trouvé.

L’ASNL, par l’intermédiaire de son vice-président Nicolas Holveck, confirme : « On est au courant de l’intérêt des Rennais mais on n’a pas eu de discussion avec eux. Plusieurs autres clubs français et étrangers se renseignent à propos de Julien. » De quoi espérer pour Nancy un transfert aux alentours de cinq millions d’euros ?

En tout cas, la rumeur rennaise est là, persistante, et Féret doit préparer ce match avec elle. Le sujet paraît d’autant plus sensible lorsqu’on se souvient de l’affaire David Sauget en 2008 à Saint-Etienne (4-0). En fin de contrat avec Nancy, Sauget était alors fortement pressenti chez les Verts qu’il avait bien rejoints à l’issue du championnat après avoir raté son match à Geoffroy-Guichard au grand dam de Pablo Correa…

« Je ne vais pas partir en stage tout seul parce qu’il y a ces bruits concernant mon avenir ! » sourit Féret qui ne veut pas se mettre de pression inutile sur les épaules, « Plus sérieusement, je ne me sens pas Rennais, je serai à 100 % Nancéien pour ce match. Après, qu’est ce que je peux dire de plus ? C’est sur le terrain qu’on me jugera samedi. »

Sur ce rectangle vert où il réalise encore un très bon championnat même s’il est un peu moins efficace ces derniers temps (aucun but depuis le 27 février,). Ce n’est pas un hasard si le leader du « Bulletin de notes » de’’L’Est Républicain’’ a reçu des présélections en équipe de France cette saison. Partir dans un club européen comme Rennes pourrait lui permettre d’intégrer les Bleus pour de bon. « Mais à Nancy aussi, ce serait possible », précise-t-il habilement pour encore bien montrer qu’il n’a pas la tête ailleurs, lui qui reste lié à l’ASNL jusqu’en 2013.

Comme tout le monde, le natif de Saint-Brieuc (28 ans) a simplement constaté la panne sèche subie par Rennes (huit matches sans victoire) avant son succès à Saint-Etienne dimanche dernier et il espère en profiter avec Nancy samedi : « Les Rennais ont un groupe de qualité, ils sont à leur place en étant cinquièmes. Je ne sais pas comment expliquer leur baisse de régime mais on va chez eux pour faire un pas de plus vers le maintien. »

L’enjeu est tellement important que Julien Féret fait cet aveu sincère : « Si j’étais sûr d’être Rennais la saison prochaine, j’aurais demandé à ne pas jouer ce match. » Or, samedi, l’ex-Rémois veut jouer et briller.

Romain JACQUOT, L'ER