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À Bordeaux il y a deux semaines, l’ASNL s’était tout de suite mise dans de sales draps en encaissant un but au bout de seize secondes. Hier soir, ce fut tout l’inverse. La formation au chardon démarra de manière idyllique en ouvrant le score après trois minutes de jeu à peine sur un contre à montrer dans toutes les écoles de football, avec les trois attaquants nancéiens jouant leur rôle à la perfection. Karaboué, Bakar et Niculae remontèrent le ballon à une vitesse folle et, à l’arrivée, l’avant-centre roumain servit magnifiquement l’ex-Sedanais qui ajusta le goal normand Thébaux avec beaucoup de classe (3’).

Cela semblait le scénario parfait pour l’ASNL et sa défense à cinq. Cette impression se confirma tout au long de la première mi-temps. Car si la possession de balle était évidemment caennaise, elle se révélait stérile face au bloc au chardon. En tout et pour tout, jusqu’à la pause, la seule occasion des hommes de Franck Dumas fut un tir trop croisé de Bulot dont faillit profiter Hamouma pour trouver le cadre (17’). En défendant intelligemment et en mettant un maximum d’envie sous une pluie battante, l’ASNL se montra même dangereuse en contre dès qu’elle réussit à bien ressortir le cuir. Calvé inquiéta ainsi Thébaux du pied gauche (37’) et il y eut surtout une grosse opportunité de 2-0 bafouillée par Diakité à l’entrée de la surface de réparation (45’).

Cette balle de break manquée n’empêcha pas les Nancéiens de revenir en seconde période avec la même application et la même solidarité. Alors qu’on aurait pu craindre une énorme poussée des Caennais au retour des vestiaires, l’équipe lorraine resta sereine. C’est carrément la bande à Jean Fernandez qui continua à être la plus tranchante offensivement en contre et elle en fut récompensée sur un coup de pied arrêté, l’un de ses gros points faibles pourtant. Lemaître frappa joliment un coup franc au deuxième poteau pour Sané qui trouva le chemin des filets de la tête (0-2, 56’). Premier but avec l’ASNL pour l’impressionnant Salif.

Tout roulait comme sur des roulettes pour Nancy mais une énorme erreur de Ndy Assembé remit le Stade Malherbe totalement dans le match. Sur un centre de Hamouma, le gardien camerounais relâcha un ballon qu’il venait de capter et il crocheta dans la foulée Traoré pour un penalty transformé par Nivet (1-2, 60’).

Aïe, aïe, aïe… Ce n’était franchement pas l’idéal pour une équipe nancéienne en manque de confiance depuis le début de la saison. Mais l’ASNL afficha alors une solidité mentale qu’on ne lui connaissait pas encore. Elle ne paniqua pas, elle continua de respecter son plan de bataille à la lettre et elle parvint carrément à se créer quatre véritables occasions de 3-1 : un tir de Niculae à côté (67’), un face-à-face raté par Karaboué devant Théaux (71’) et deux nouvelles percées balle au pied du Roumain, encore excellent, qui auraient pu être mieux négociées (83’, 86’).

Rater des balles de match, en tennis ou en foot, ce n’est jamais bon signe quand l’adversaire continue d’y croire. Mais la formation au chardon ne lâcha pas, elle frissonna juste sur une tête de Traoré hors cadre (85’) et elle décrocha une victoire ô combien précieuse qui la ramène à une seule longueur seulement de Caen. Un succès, son deuxième lors de ses trois derniers déplacements, qui lui permet de quitter la zone rouge avec dix-huit points au compteur. De quoi lui donner un moral d’enfer avant d’accueillir l’OM à Picot mardi. Cette ASNL mérite clairement d’être soutenue à fond dans sa lutte pour le maintien.