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Lyon a le vent en poupe en ce moment et il n'y a pas beaucoup d'adversaires pour lui résister. Nancy a bien essayé avec ses moyens et sans trahir sa nouvelle philosophie. Cela lui a permis de revenir dans le match en milieu de seconde période et d'entretenir l'intérêt de ce bon match presque jusqu'à la fin.
Un mérite réel mais il lui était impossible de faire mieux. Cette fois ses supporters peuvent être rassurés ce n'est absolument pas un problème d'état d'esprit, outre la valeur haut de gamme de l'OL, ses ennuis tiennent essentiellement à ses manquements défensifs. Face à un tel adversaire, cela ne pardonne pas. Ou alors pas longtemps.
Prenez le premier quart d'heure pendant lequel l'ASNL résista tant bien que mal, alors que l'emprise lyonnaise était quasi totale. A son origine, une grosse fluidité dans la transmission et une telle densité de l'OL au milieu de terrain qu'il lui était presque impossible de développer son propre jeu. Alors dans un premier temps, les Nancéiens firent le dos rond et s'accrochèrent, ne concédant finalement qu'assez peu d'occasions : un coup franc pour Pjanic (2') et une frappe de Toulalan (11'). C'était supportable en attendant mieux et cela le devenait même de plus en plus au fil de cette première période car l'ASNL tenait parole et tentait de construire depuis derrière.
Peu à peu, la possession du ballon s'équilibra et après avoir éprouvé toutes les peines du monde à garder le cuir, Nancy existait dans le jeu.
Un corner de Féret, et Macaluso plaçait un bon coup de tête (18'), un centre d'Alo'o Efoulou (19') et une infiltration de Dia (26'), Nancy chassait ses angoisses et posait le centre névralgique du match un peu plus loin de sa cage. Pourtant Gomis d'une frappe un peu trop croisée avait sérieusement inquiété Bracigliano (20') mais bon, dans l'esprit Nancy n'était pas si loin d'atteindre ses objectifs. L'OL s'était en quelque sorte endormi une petite demi-heure mais son réveil, un peu avant la pause, allait être meurtrier.  

Comme une seconde couche de pression délivrée presque à la télécommande, Lyon retrouvait ses automatismes et son autorité technique. Bastos de la tête (27') puis un coup franc de Pjanic (29') installaient le danger, il est vrai que dans les duels, les Nancéiens avaient parfois tendance à faire preuve de négligence. On y reviendra. Alors quand ils laissaient un instant et dix mètres de liberté à ce diable de Lisandro, le mal était en marche.
L'Argentin s'appuyait sur Pjanic, remise immédiate pour Gomis lancé plein axe. La défense nancéienne était transpercée, l'ancien Stéphanois n'avait plus qu'à piquer le ballon au-dessus de Bracigliano (37'). Les ennuis de Nancy prenaient tout à coup de la consistance d'autant que Dia, touché à la cuisse depuis un moment, devait laisser sa place à Traore (39').
Correa devait changer son dispositif et plutôt deux fois qu'une puisqu'à la mi-temps il laissait Lemaitre sous la douche et plaçait Marange à gauche. L'ex Caennais n'avait pas été exemplaire tant dans la surveillance de Bastos que sur son travail de relance. Mais c'est côté droit que Nancy allait plier une seconde fois, Gomis trop seul pouvait à loisir lancer Lisandro, l'Argentin mystifiait facilement Bracigliano (51').A 2-0, le match changea bel et bien d'aspect sous l'effet de l'action nancéienne, un peu comme si ce handicap avait libéré l'ASNL. Dès lors, ce sont les hommes de Correa qui mirent le feu en face. Et qui reprirent espoir au terme d'un contre fou. Entamé par Alo'o Efoulou, André Luiz puis Macaluso se ruaient sur un ballon chaud et c'est finalement Hadji qui terminait victorieusement le travail (57'). A 2-1, remis en piste au tableau d'affichage et en confiance, Nancy passa alors un quart d'heure à torturer la défense de Lloris. L'égalisation était proche quand Marange touchait le poteau avec une frappe énorme (61') ou encore quand le gardien international sauvait devant Alo'o Efoulou (63'). Lyon ne paradait plus beaucoup. Ça sentait même le coup de pompe. Il lui restait ses exceptionnelles individualités, l'une d'elle allait arranger l'affaire et mettre Nancy à la raison. Michel Bastos, à 25 mètres, délivrait un tir d'une violence inouïe qui retombait sous la transversale de Bracigliano (68'). A mettre en boite pour le hit-parade de l'année. Cette fois Nancy était fusillé en plein vol, son courage était intact, il allait encore lui permettre quelques incursions dans un match totalement débridé, Hadji touchait même la transversale (86') mais Lyon assurait alors l'essentiel et plaçait même quelques contres qui montraient Bracigliano à son avantage. Jusqu'au bout l'ASNL avait tenu sa ligne de conduite et une semaine après le Mans, avec quasiment la même équipe de départ, cela ressemble à une bonne nouvelle.