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Malgré une crispation palpable et inévitable vu l’enjeu, les Nancéiens ont montré des ressources rassurantes au Parc des Princes.

Mais ils devront être encore plus costauds mentalement, dimanche, pour aller chercher trois points indispensables face aux Niçois.

 

 La nuit de mardi à mercredi a été courte pour les Nancéiens, obligés de dîner tard après leur match au Parc des Princes, joué à 21 h. Ils sont arrivés à leur hôtel parisien vers 1 h 30 et on les a retrouvés dès 8 h 45, hier matin, sur l’un des quais de la Gare de l’Est pour monter dans le TGV de 9 h, direction la cité ducale. A la sortie du train, Youssouf Hadji et ses copains sont allés directement au décrassage en Forêt de Haye, alors que celui-ci était initialement prévu à 15 h 30. Le staff a pris cette décision en concertation avec les joueurs, désireux de profiter hier après-midi de leurs proches, qu’ils ne reverront ensuite que dimanche soir, après le match contre Nice, précédé d’un mini-stage de trois jours à Vittel qui commencera tout à l’heure.

Avant cela, hier soir, les Nancéiens ont observé attentivement les résultats de leurs concurrents directs dans la course au maintien. La défaite de Monaco à Sochaux leur a permis de revenir à une longueur du premier non-relégable à l’occasion de cette 35 e journée. Mais les autres scores n’ont pas été très favorables puisque Caen a décroché un point à Rennes et que Nice, en visite dimanche à Picot, s’est imposé devant Arles-Avignon. Les Niçois comptent ainsi quatre longueurs d’avance sur Nancy. « On est dans la peau du chasseur », image Pablo Correa, qui n’a jamais vécu ça depuis le retour en L1 en 2005. Etre dans la charrette pour la L2 à trois matches de la fin, c’est une situation très compliquée à gérer mentalement. Ça s’appelle la peur du vide et ça se comprend dans les stats.

Sur les trente équipes dans la zone rouge à 270 minutes de la fin du championnat depuis 2000-2001, seules trois ont évité la descente. L’AC Ajaccio s’est sauvée de justesse deux saisons de suite, en 2002-2003 et 2003-2004, alors qu’elle était relégable à l’issue de la 35 e journée, mais à chaque fois avec le même nombre de points que le dix-septième. La dernière équipe qui a vécu le scénario espéré aujourd’hui par l’ASNL, c’est le… PSG en 2007-2008. Dix-huitièmes avec 38 points à trois matches du terme, les Parisiens avaient fini avec 43 unités et ça leur avait permis de se maintenir in extremis.

On voit bien aujourd’hui dans le regard, dans les attitudes des joueurs au chardon, que la pression est forcément omniprésente. Mardi au Parc, l’ASNL n’a ainsi pas réussi à concrétiser sa domination en première mi-temps, quand le PSG était bon à prendre, quand il était en galère juste après l’expulsion de Jallet. Avec un peu plus de confiance, elle aurait pu plier le match au lieu de revenir aux vestiaires en étant menée 2-1 contre le cours du jeu.

Le coach le sait bien et il doit doser précisément tous ses discours dans ce contexte stressant : « Les enjeux sont très importants pour le club, mais il ne faut pas exagérer dans ce sens-là. Sinon, ça pourrait amener de la crispation. Mais d’un autre côté, vu notre position, je ne peux pas non plus tout dédramatiser et dire aux gars’’Allez faire un foot’’. C’est simplement un juste milieu à trouver. »

La certitude, c’est que Correa dispose d’un groupe réceptif, totalement impliqué, avec un état d’esprit irréprochable : « Il y a un manque de régularité et d’efficacité depuis le début de la saison, mais jamais les joueurs n’ont lâché. On l’a encore vu à Paris, où on a été capable de revenir deux fois au score. » Une volonté commune de s’en sortir également soulignée par Jonathan Brison, toujours aussi généreux sur le terrain : « Si l’équipe n’était pas forte mentalement, s’il y avait des clans, on aurait explosé après l’ouverture du score parisienne, mardi, ou après le second but du PSG encaissé juste avant la mi-temps. »

La capacité de réaction de cette ASNL n’est plus à démontrer. Maintenant, elle doit prouver qu’elle a les qualités et surtout les nerfs suffisamment solides pour retrouver le chemin de la victoire, qu’elle n’a plus emprunté depuis sept matches (trois défaites, quatre nuls). « On devra absolument battre les Niçois, dimanche. On jouera notre vie en L1 contre eux », dit Damien Grégorini. Ce sera en effet un rendez-vous décisif, sous haute tension, que Nancy va essayer de préparer du mieux possible à Vittel. « On l’aborde comme une finale », glisse l’entraîneur adjoint Paul Fischer. « Comme la finale de la Coupe de la Ligue 2006, contre le même adversaire d’ailleurs (2-1). On espère que le résultat sera identique dimanche… »

Romain JACQUOT