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L’ASNL est confrontée lors de ce mercato hivernal à une problématique qui touche pratiquement tous les clubs de Ligue 1 : allier intérêts sportifs et équilibre des finances. Un jeu subtil et même de plus en plus en cette période de crise économique, car obtenir des résultats contribue aussi à remplir les caisses. Dans cette logique, Nancy a opté pour une philosophie opportuniste, à savoir se mettre à l’écoute de toutes les propositions, ne fermer aucune porte et, éventuellement, concrétiser des ventes si des offres concrètes répondent aux attentes. « On est bien obligé de faire comme ça car on a besoin d’argent, que ce soit aujourd’hui ou en juin prochain. Anticiper ne serait pas forcément plus mal... », argumente Jacques Rousselot, dont on ne peut ignorer qu’il a fait un peu évoluer ses principes depuis quelques années. Les lois du marché ne lui laissent plus le choix.

Ces premières heures du mercato sont comme de coutume livrées aux agents, vrais ou faux, qui alimentent des rumeurs susceptibles de créer le buzz. C’est classique, mais force est de constater que plusieurs joueurs de l’ASNL font l’objet de convoitises. Réelles. Peut-être aussi parce qu’on sait dans le milieu que Nancy doit vendre. Deux éléments sont plus ciblés que les autres : Youssouf Hadji et Julien Féret. Ce n’est pas une surprise, les offensifs ont une cote toujours supérieure. Monaco et Bordeaux lorgnent officiellement sur le Marocain, Saint-Etienne et Bordeaux - encore - sur le second nommé. Cela paraît sérieux, car ce sont les clubs qui se sont manifestés directement.

Une affaire peut-elle se conclure ? Rien n’est donc à exclure. En fait, Jacques Rousselot rêve d’un montage qui allierait ces deux exigences. Un transfert d’abord pour récupérer des liquidités, mais que le joueur soit laissé à la disposition de l’ASNL jusqu’à la fin de saison. Pour Youssouf Hadji, libre en juin 2012, un tel montage permettrait de garantir les intérêts de chacun. Reste à trouver le club « complice » et, très franchement, il serait étonnant qu’il soit français... Perdre purement et simplement son capitaine pour les cinq mois qui viennent serait à l’inverse dangereux sportivement, surtout après la blessure de Paul Alo’o. Officieusement, Youssouf Hadji a été affiché à la vente entre six et sept millions d’euros, grosso modo comme Julien Féret.

Mais ils ne sont pas les seuls à être pistés. Bordeaux - toujours -, qui cherche un latéral droit, n’ignore rien de la situation de Chrétien. Lorient, qui va perdre Gameiro, aurait fait une offre pour Bakar, refusée jusqu’ici. Le club breton reste en contact, car Vahirua l’intéresse également ! Ça, c’est une surprise ! Gourcuff ne serait pas hostile au retour au bercail de l’un de ses joueurs préférés. Et comme à Nancy, le Tahitien ne s’est pas imposé... Reste que là aussi, financièrement, le montage paraît compliqué à réaliser.

Pour finir ce tour d’horizon, comme en été, Alfred N’Diaye et Landry N’Guemo ont attiré des regards à l’étranger. Concernant le Camerounais, en fin de contrat en juin, c’est la dernière occasion pour l’ASNL de valoriser un produit de sa formation. Elle peut aussi le faire prolonger comme Sami et André Luiz, les deux autres joueurs libres d’aller quêter ailleurs depuis le 1 er janvier.

Christian FRICHET